Crédit photo : ybd_photos
Une pièce à partir de 12 ans, au théâtre l’Adresse jusqu’au 25 juillet 2026.
Sylvain Bastonero fait le pari audacieux d’oser la transposition de l’œuvre de Victor Hugo Quatre-vingt-treize, dans une époque futuriste 2093.
Dans cette œuvre, Victor Hugo met en évidence la violence d’une guerre civile : La Terreur. Véritable satire politique, cette œuvre souligne la haine de l’auteur pour la peine de mort, et de surcroît de la guillotine.
Le marquis de Lantenac veut soulever la Bretagne contre la République, et fera tout pour prendre la tête de la révolte contre-révolutionnaire de Vendée. On découvre deux personnages aux antipodes : l’intransigeant Lantenac, et sa petite nièce Gauvain, républicaine idéaliste plus indulgente, qui gracie les otages et pardonne aux prisonniers. Deux modèles s’opposent, deux visions de l’Histoire : des valeurs contraires. D’un côté l’Ancien Régime, absolutiste, et de l’autre le modernisme Républicain. Entre ces deux personnages : Cimourdain, ancien prêtre et précepteur de Gauvain, inflexible figure de la Révolution qui ira jusqu’à sacrifier son amour pour son idéal Républicain.
Entre guerre civile, surveillance accrue par Eva, le Big Brother de 2093, les rouges font face aux bleus, la liberté d’une révolution humaine contre une justice divine radicale.
J’ai trouvé le travail de la compagnie les Fouillons remarquable. Les comédiens sont sublimés par les costumes de Lucie Melain et Lylou Jacquet qui ont effectué un travail impressionnant de recherche. On retrouve évidemment l’inspiration militaire, mais également un heureux mélange entre une chevalerie arthurienne et des airs de Jedis. Le décor est travaillé avec beaucoup de goût : une modernité ingénieuse qui permet aux comédiens de changer d’espaces aisément. Au plateau, on retrouve cinq comédien.nes qui alternent de camp et de personnages. Une gymnastique bien rythmée.
Sylvain Bastonero a fait un immense travail, subtil et précis, avec cette nouvelle pièce. J’ai été bluffée par la qualité de cette création qui signera je l’espère, un autre succès pour la compagnie parisienne. Un grand bravo de s’être attaqué à une telle histoire pour faire passer un message fort : les révolutions détruisent souvent en voulant sauver le monde.
“Le moment présent est une tempête. Et la tempête sait toujours où elle va et ce qu’elle fait.”
Allez découvrir l’esprit ouvert cette adaptation du chef d’œuvre de Victor Hugo.